« Mariage pour tous » : tout savoir sur ce projet de loi fallacieux qui sera présenté à l’Assemblée Nationale à partir du 29 janvier 2013 !


PROJET DE LOI ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe.

Oui, c’est fait le projet de loi a été examiné sous toutes les coûtures ou presque par la Commission des Lois à laquelle participaient Hervé Mariton, Xavier Breton et Jean-Frédéric Poisson.

Il a été émondé : n’y sont plus la pma et le remplacement des mots de « père » et de « mère » par « parent 1 » et « parent 2 », sauf « exception », selon Christiane Taubira.

Le texte a donc été modifié en 48 heures. Pour le lire, cliquez ici.

Hervé Mariton, Xavier Breton et Jean-Frédéric Poisson de l’Entente Parlementaire pour la Famille, ont tout fait pour émonder encore plus le projet et le réduire à une peau de chagrin.

Mais l’article 1 de ce projet est très clair :

« Le mariage est contracté par deux personnes de sexe différent ou de même sexe. »

Plus de 550 amendements ont été déposés.

Ceux de l’opposition ont tous été rejetés. Par contre, Erwann Binet, le député-rapporteur du projet de loi a mis en place des « amendements-balais » qui permettent de passer outre les centaines de changements de nos différents codes.

Ce qui veut dire que les « couples » composés de deux personnes de même sexe auront les mêmes droits que les couples homme-femme dans tous les domaines de la vie sociale. C’est l’égalité qui prime, peu importe les désirs et les droits de l’enfant !

Laissons Hervé Mariton nous donner sa conclusion :

« Il y a quelques années, Elisabeth Guigou nous avait dit « Il n’y a
pas de mariage et il n’y en aura jamais ». Nous aimerions comprendre, quand
vous dites jamais, ce que cela veut dire« .

Mariage gay, la droite en croisade


Source : Le Monde

La droite, décidément, est au supplice quand elle est confrontée à l’intime. Plus encore lorsque l’évolution des moeurs, des mentalités et des modes de vie vient déstabiliser sa conception de l’amour, sa vision du mariage ou sa religion de la famille. Etrange contradiction. Individuellement, bon nombre de ses responsables, comme le reste des Français, ont l’expérience des échecs amoureux, des divorces et des remariages, des relations sexuelles variées et des familles recomposées ou monoparentales. Collectivement, ils semblent tétanisés dès qu’il est question de modifier la loi et d’adapter le droit en conséquence, non pas au nom d’une supposée modernité, mais, tout simplement, en s’appuyant sur la réalité de la société française.

Alors, les mêmes responsables se retrouvent comme affolés, parfois déchirés, partagés en tout cas entre l’embarras et la fureur, entre le silence et la croisade, entre le conservatisme gêné et l’ordre moral militant. Très rarement du côté de la réforme. On l’a constaté au moment du débat sur le pacs, il y a une quinzaine d’années. Le scénario se répète, presqu’à l’identique, à propos du projet de « mariage pour tous », promis par le candidat Hollande il y a un an et dont la discussion est prévue à l’Assemblée à partir du 29 janvier. Dans les deux cas, la question homosexuelle – et les tabous ou fantasmes qu’elle continue à nourrir alors que le pacs est adopté à plus de 95 % par des hétérosexuels – aiguise la polémique et joue un rôle central dans le « débat intime » des élus de droite. Au point de les condamner à l’impasse ?

UNE BÉNÉDICTION POUR COPÉ

Pourtant, dimanche 13 janvier au soir, Jean-François Copé pourra se dire que cette affaire du mariage gay est une bénédiction. Des dizaines de milliers, probablement des centaines de milliers de personnes auront défilé dans les rues de la capitale pour protester contre le projet de mariage pour tous. S’il n’est pas l’initiateur de cette manifestation, le président de l’UMP en sera le principal bénéficiaire. Quelques mois après la défaite de son camp à la présidentielle puis aux législatives, après des semaines d’une guerre désastreuse avec François Fillon, il engrangera son premier succès depuis belle lurette : des troupes ressoudées, un « peuple de droite » au coude-à-coude contre la gauche, un Front national en porte-à-faux et le centriste Jean-Louis Borloo – favorable au projet – réduit au silence, ou presque.

Voilà pour la politique. Mais, si on revient aux convictions intimes, cela a été moins évident. Avant l’été 2012, se souvient l’ancien ministre Benoist Apparu, « Copé nous dit, en bureau politique, qu’il ne sait pas ce qu’il va faire ». Jusqu’en septembre, il reste très prudent et n’exprime son opposition au projet de mariage pour tous qu’« à titre personnel ». Son concurrent François Fillon appelle, lui, à « éviter tout ce qui divise » face à une gauche qui veut faire de ce projet un chiffon rouge agité sous le nez de l’UMP. En écho, l’ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin estime qu’il s’agit de « sujets de conscience », sur lesquels « le parti en tant que tel n’a pas à donner de consignes de vote ».

Ces responsables disent cela parce qu’ils voient la société évoluer et que le pacs est un succès. Chacun a en mémoire les dégâts provoqués, en 1999, par ce débat autour du pacs qui marque une première étape dans la reconnaissance des couples homosexuels. Bible en main, la députée UDF Christine Boutin se taille, certes, un beau succès à la tribune de l’Assemblée, en dénonçant un projet de nature à saper « les fondements de la civilisation » et à nous ramener « aux temps barbares ». Mais, au bout du compte, la droite apparaît alors plus que conservatrice : rétrograde et vindicative. Pis encore, elle donne libre cours à l’homophobie, amalgamant « homosexuels d’aujourd’hui et pédophiles de demain » et reprenant en choeur « Les pédés au bûcher » comme slogan de manifestation. C’est au point que l’UMP mais aussi le centre doivent rapidement faire amende honorable. En août 1999, Nicolas Sarkozy redit son opposition au pacs, avant d’ajouter, embarrassé, à l’adresse de la « communauté homosexuelle » : « Nous devons être à l’écoute de toutes les différences parce qu’elles sont parfois synonymes de souffrances. Notre vision de la famille devra s’ouvrir, se moderniser, s’actualiser. »

« RUPTURE DE CIVILISATION »

Au début de l’automne 2012, l’UMP se soucie de ne pas retomber dans ce piège. D’éviter un procès en conservatisme. De ne pas donner l’image d’un parti en décalage avec l’évolution de la société et des moeurs, face à une gauche parée des vertus de la modernité, de la tolérance et de l’égalité des droits. « C’était déjà ça, en 1981, avec la peine de mort », note, fataliste, le sénateur Philippe Bas, ancien ministre de la famille de Jacques Chirac.

Le premier facteur qui va balayer ces hésitations et ces doutes est la mobilisation de l’Eglise catholique. Dès le creux de l’été, l’archevêque de Paris, André Vingt-Trois, prend la défense de la famille et des enfants, qui doivent « bénéficier pleinement de l’amour d’un père et d’une mère ». Le 14 août, l’archevêque de Lyon, Philippe Barbarin, sonne le tocsin : « L’heure est grave. C’est une rupture de civilisation de vouloir dénaturer le mariage (…).«  Le ton ne va cesser de monter. Le 3 novembre, Mgr Vingt-Trois, encouragé par le Vatican, martèle qu’« une vision de l’être humain sans reconnaître la différence sexuelle serait une supercherie qui ébranlerait un des fondements de notre société ».

Or, dans cette affaire, les élus de droite adoptent souvent les arguments de l’Eglise. Comme, auparavant, sur d’autres sujets de société – pilule, avortement, pacs… Du reste, les parlementaires témoignent qu’ils reçoivent, depuis des semaines, des centaines de lettres-types dénonçant le projet de mariage pour tous. La sénatrice socialiste Catherine Tasca, qui présidait la commission des lois de l’Assemblée à l’époque du pacs, admet qu’elle n’avait pas vu « une telle mobilisation, bien organisée, dans chaque diocèse » depuis le mouvement pour l’école privée de 1984.

DES MILITANTS ET DES ADHÉRENTS PRÊTS À EN DÉCOUDRE

Les catholiques ne sont pas seuls dans cette croisade : les responsables des autres religions, sauf les bouddhistes, expriment leur opposition, notamment le grand rabbin Gilles Bernheim, qui publie, en octobre, un texte étayé refusant « la mise en cause de l’un des fondements de notre société ». Le député UMP de la Drôme, Hervé Mariton, n’est pas le dernier à dire que ce texte a eu un véritable retentissement : « Il démontrait que les opposants au projet ne sont pas que des catholiques traditionalistes, excités ou extrémistes. »

Chacun, à l’UMP, commence à mesurer que les militants et adhérents sont prêts à en découdre avec le gouvernement, surtout contre le projet de mariage pour tous. L’ex-ministre Bruno Le Maire le constate avec stupeur, durant l’été 2012, alors qu’il se démène pour récolter des parrainages pour sa candidature à la présidence de l’UMP.

C’est en effet la seule question, sur le terrain, qu’on pose à Bruno Le Maire : « Que fais-tu sur le mariage gay ? » Et il ajoute : « On a tous eu le même message, imposé par la base. On avait pris le sujet avec distance il y a encore six mois, mais on a été sommés de choisir. Tous ceux qui étaient ouverts ont compris que c’était un point de rupture. » Autrement dit, cantonner ce débat à la sphère « intime », personnelle, comme l’ont souhaité dans un premier temps MM. Copé et Raffarin, devient intenable.

POSITIONS RADICALISÉES

Pourquoi une réaction aussi radicale du peuple de droite qui oblige ses champions élus à se dévoiler ? « Face à la crise et faute de destin collectif, beaucoup de gens s’accrochent au mariage, vécu comme un élément d’identité, et à la famille, vécue comme une cellule protectrice, répond Bruno Le Maire. Ils ressentent le mariage des homosexuels comme une menace sur ces derniers repères. La crispation est encore plus forte chez les catholiques, qui y voient une véritable agression contre leurs valeurs. »

L’élection pour la présidence de l’UMP achève de radicaliser les positions. Face aux adhérents, les deux candidats font assaut de fermeté pour fustiger le projet gouvernemental, François Fillon déclarant même que, s’il était maire, il refuserait de célébrer des mariages entre homosexuels. Quant à Jean-François Copé, il approuve et soutient les premières manifestations, organisées le 17 novembre, à la veille du scrutin à l’UMP. Depuis, il a décidé de mobiliser à fond pour la manifestation du 13 janvier.

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