Les responsables religieux auditionnés à l’Assemblée sur le « mariage pour tous »


Source : La-Croix

Ce jeudi 29 novembre, le rapporteur du projet de loi sur le mariage homosexuel, Erwann Binet, a entendu les responsables chrétiens, juif, musulman et bouddhiste.

Trois semaines après les premières auditions, ouvertes le 8 novembre par le socialiste Erwann Binet, rapporteur du projet de loi sur le « mariage pour tous », avec trois sociologues, c’était ce jeudi 29 novembre 2012, le tour des six représentants des principales religions en France.

Premier à prendre la parole, le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris et président de la Conférence des évêques de France (CEF), a commencé par rappeler que l’ouverture du mariage à deux personnes du même sexe serait « un changement profond » qui créerait un « nouveau modèle de société ». Il a également considéré que le législateur n’a pas pour mission « d’élever le cas particulier au rang de cas général ».

Puis, déroulant un argumentaire en sept points, il a tenu à souligner toutes les conséquences qui découleraient d’une telle loi, insistant notamment sur « le droit de tout enfant à connaître ses origines », et sur la nouvelle discrimination qui risquerait d’apparaître entre les enfants issus de couples hétérosexuels, ceux élevés dans des familles homosexuelles mais issus de couples dissociés et ceux issus de couples homosexuels « avec un géniteur réel qui demeurerait caché ».

Des unions de plus en plus précaires

Le pasteur Claude Baty, président de la Fédération protestante de France (FPF), a d’abord rappelé la déclaration publiée par sa fédération le 13 octobre avant de souligner que le mariage n’est pas « la mise en scène d’un sentiment mais le lieu où se construisent les rapports entre les sexes et les générations ». Regrettant la dévaluation du mariage depuis quelques années au profit d’unions de plus en plus précaires, il a invité à ne pas confondre ce qui est de l’ordre de la discrimination de ce qui est de l’ordre du respect du code social. Pour finir, il a proposé de consolider les conditions juridiques des couples homosexuels plutôt que de remettre en cause le mariage.

Après avoir longuement souligné la nécessité de porter un regard positif sur la différence « sans condamnation ni suspicion », le métropolite Joseph, de la métropole orthodoxe roumaine, a également fait un long exposé sur ce qu’est le mariage pour une société civile. Mettant en garde contre un « totalitarisme de l’égalité », il a invité à trouver des solutions pour une égalité ouverte et plurielle.

Pas un progrès

Le grand rabbin de France Gilles Bernheim, qui a, lui aussi, déjà rendu public un long texte sur ce sujet, a souhaité s’arrêter sur deux points principaux pour battre en brèche les notions de progrès et d’égalité régulièrement avancées par ceux qui défendent le projet de loi. « Au nom de la tolérance et de la lutte contre les discriminations, on ne peut pas donner le mariage à tous ceux qui s’aiment », a-t-il expliqué dans un premier temps.

Quant à la possibilité pour une mère homosexuelle de partager avec sa compagne l’exercice de l’autorité parentale, elle existe déjà selon le grand rabbin qui a rappelé un arrêt de la Cour de cassation du 24 février 2006. « Si je m’oppose à cette loi sur le mariage homosexuel, ce n’est pas parce que je suis opposé au progrès, car le changement de mœurs sociales et juridiques n’est pas un progrès », a conclu le grand rabbin. Avant d’interroger, avec gravité : « Serons-nous capables ensuite d’arrêter la mécanique que nous sommes en train de déclencher ? »

[Il s’agit du principe de précaution que nous devrions, avec bon sens, appliquer en l’espèce]

S’attardant plus longuement que ne l’ont fait ses prédécesseurs sur ce que dit sa propre religion – l’islam – sur le mariage dans ses divers aspects (statuts des époux, héritage, filiation…), Mohammed Moussaoui, le président de du Conseil français du culte musulman (CFCM), a considéré lui aussi que la « mission du mariage ne peut être réduite à la volonté de deux personnes de vivre ensemble ». Il a également dit sa ferme condamnation « de tout acte homophobe ».

Faire appel à ses convictions

Quant à la vénérable Marie-Stella Boussemart, présidente de l’Union bouddhiste de France (UBF), elle a d’abord souligné que le bouddhisme est pluriel et qu’il n’a ni instance dirigeante ni doctrine unifiée. Puis elle a mis en évidence, d’une part, qu’aucun pays d’Asie, jusqu’à présent, n’avait jugé bon d’ouvrir le mariage aux personnes du même sexe et, d’autre part, que « Bouddha n’avait jamais, jamais parlé d’homosexualité ». Avec finesse, elle a, au final, renvoyé chacun à sa conscience, puisqu’il appartient à la population de décider ce qu’elle souhaite et à chaque croyant de faire appel à ses convictions « pour savoir ce qu’il veut faire ou pas ».

Les quelques députés présents – au nombre d’à peine une quinzaine – ont posé quelques questions. De manière unanime, ces parlementaires ont demandé à ce que le débat ait lieu, « non pas dans la rue » mais ici à l’Assemblée nationale, en laissant, selon l’expression du député (PRG) Alain Tourret, « les élus décider puisqu’ils ont été élus pour ça ».

Claire Lesegretain  

Nos amis de l’Appel des professionnels de l’enfance auditionnés…


Jérôme Brunet, le Président de l’appel des professionnels de l’enfance, et Christian Flavigny ont été reçus hier, le mardi 27 novembre, par M. Erwann Binet, rapporteur du projet de loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples de même sexe.

Voici leur retour très intéressant sachant qu’il existe une véritable injustice dans les auditions : les 2/3 des associations auditées sont pour le « mariage pour tous » !

Certains demandent l’égalité mais se moquent éperdument de la JUSTICE…C’est d’autant plus scandaleux que ces auditions se tiennent en France, pays des Droits de l’Homme !

Après une présentation de l’association (créée en 2004, suite au faux mariage de Bègles), Jérôme Brunet a présenté les arguments des professionnels de l’enfance qui s’opposent à ce projet de loi, défendant le point de vue de l’enfant.

Avec Christian Flavigny (psychanalyse et psychiatre à l’hôpital de la Pitié-Salpétrière, un des « parrains » de l’association), ils ont redit l’importance pour l’enfant de grandir avec des repères clairs et structurants.

La famille, les parents, la filiation, l’inscription dans une culture, font partie de ces repères importants. On peut comprendre et admettre que parfois ces repères évoluent, mais une telle loi touche à l’ensemble de ces bases qui fondent la société et la personne.
L’enfant, comme toute personne a besoin de sécurité matérielle, affective et psychique.

« Dans une époque où beaucoup de liens sont remis en question, il est fondamental de préserver les repères de filiation et d’identité que sont un père et une mère, pour un enfant ; or, ce projet de loi prive délibérément l’enfant de ces repères » a rappelé Christian Flavigny.
On ne peut pas tout expliquer à un enfant. « Notre pratique de professionnels de l’enfance nous montre qu’il est faux de dire qu’il suffit d’expliquer à un enfant pour qu’il comprenne et accepte tout ! » a déclaré Jérôme Brunet.
Nous remercions l’association « Appel des professionnels de l’enfance ».

Il est à noter que l’APPEL reste mobilisée contre ce projet de loi, tant que des Etats généraux n’auront pas été organisés et appelle à manifester le 13 janvier 2013.
Visitez le site de l’Appel des Professionnels de l’Enfance.

Les Tourtereaux redisent leur mot d’ordre : RETRAIT SINE DIE DU PROJET DE LOI, LE « MARIAGE POUR TOUS ». CE PROJET EST MAUVAIS POUR LA FRANCE !

Le gouvernement auditionne, mais c’est un écran de fumée, de la poudre aux yeux…