Projet de loi Taubira

Dans son entretien avec le quotidien « La Croix » le 11 septembre 2012, le ministre de la justice, Christiane Taubira, présente son projet de loi visant à légaliser le mariage homosexuel.

Mariage « normal » ou mariage « normalisé »?

Lors de cette interview, le garde des sceaux tente d’expliquer ce qu’est le mariage, afin d’en déduire une « normalisation » avec un possible mariage gay.

Son argumentation : « Le mariage est en effet une institution ancienne qui occupe une place très particulière dans le code civil. C’est un acte juridique solennel, inventé pour structurer la société, qui codifie plus strictement que d’autres formes d’union (le pacs et le concubinage) les conditions de la vie commune ».

Le constat est vrai : le mariage est « une institution ancienne« . Par contre parler d’invention ou de codification « pour structurer la société » est un raccourci qui sous-tend qu’une invention ou qu’une codification nouvelle peut chasser l’autre, plus ancienne tout en ayant le même objectif : « structurer la société« . C’est malin, mais la pente est glissante et dangereuse…La volonté est de décrédibiliser l’institution du mariage dans ses fondements même est de la mettre au rang des actes juridiques amendable comme tout acte juridique. Bref, le mariage ne serait plus une institution mais un acte juridique.

Le coup est donné…La mise à mort est lente (depuis le PACS), mais réelle.

Mme Taubira relativise ainsi le mariage et le rend accessoire. Il est donc d’autant plus facile aujourd’hui de l’amender.

Réfléchir sur le mariage comme Institution est moins facile. Difficile de faire bouger une institution…alors que le code c’est d’autant plus facile. Pas besoin de débat pour changer un code…

Elle ne parle pas du couple : homme et femme. Ni de l’enfant. Seraient-ce aussi des objets juridiques modifiables selon l’idéologie présente?

Rappelons ce que dit le Conseil Constitutionnel dans sa décision du 29 juillet 2011 sur le mariage et les époux : 

« le régime du mariage a pour objet non seulement d’organiser les obligations personnelles, matérielles et patrimoniales des époux pendant la durée de leur union, mais également d’assurer la protection de la famille ; que ce régime assure aussi une protection en cas de dissolution du mariage».

Le mariage pour tous : un cadeau empoisonné pour une minorité au dépens de la majorité… 

Mme Taubira promeut le mariage pour tous.  Cette ambition paraît noble au premier plan : qui est contre l’égalité? Nous sommes tous pour l’égalité des droits : que le pauvre ait les mêmes droits que le riche, mais sans pouvoir d’achat il ne pourra rien en faire; que le citoyen de base ait les mêmes droits que l’élu (de gauche ou de droite), mais sans un mandat électoral, il ne pourra pas comme l’élu profiter des largesses de la République…Bref l’égalité reste une belle utopie. Et nous préférons la JUSTICE et la FRATERNITE à l’égalité qui en l’occurence est ruineuse de notre société.

Cependant parler d’égalité reste habile : comment s’opposer à l’égalité, et d’ailleurs pourquoi ? En entrant dans cette dialectique et dans cette argumentation de l’égalité, les promoteurs du débat (nous !) sont désarmés dès le départ : pourquoi vouloir un débat, serait-ce parce que vous êtres contre l’égalité des droits? Non, nous ne sommes pas contre l’égalité des droits (en théorie, en pratique l’égalité est difficile, voire impossible à mettre en place, voire dangereuse puisque nous sommes tous différents…). Nous sommes contre l’égalité des droits lorque celle-ci va à l’encontre de notre civilisation, de notre Etat, de notre société, du mariage, du couple, de la famille et de l’enfant.

Mme TAUBIRA argumente et développe son intention : « Nous sommes donc bien conscients de toutes les dimensions philosophiques et anthropologiques entourant le mariage. Mais nous estimons qu’elles ne peuvent venir percuter l’exigence d’égalité. C’est à cela, à cette exigence d’égalité, que nous satisfaisons avec ce projet de loi. »

L’égalité face à l’histoire de France et au bon sens !

La France n’est pas née en 1789, et la période révolutionnaire est lointaine, voire révolue. Pousser au jusqu’au boutisme de l’égalitarisme à tout va est dangereux, idéologique et fait table-rase de notre histoire doublement millénaire. Mme TAUBIRA oublie que l’histoire de France est aussi religieuse. Elle oublie de dire que de nombreux élus socialistes s’opposent à cette loi (des DOM-TOM en particulier où la croissance démographique est supérieure à la moyenne nationale)…Pourquoi le cacher?

Face à l’égalité qui promeut ici les minorités homosexuels, aux dépends du plus grand nombre, il existe l’altérité, la différence de la nature humaine, la différence des sexes…Face à l’égalité il existe pour longtemps encore (?) la réalité de la nature, de ce que nous sommes profondément !

Le don de la vie…

Notre civilisation existe aujourd’hui parce qu’au départ un homme et une femme (nos parents) sont attirés l’un vers l’autre, s’aiment et décident de vivre ensemble, de fonder un foyer, de participer au développement de notre civilisation humaine en procréant. L’homme et la femme en s’unissant, en s’accouplant donnent la vie qui est la fécondité même de leur amour, de leur confiance, de leur engagement, de leur mariage. N’oublions pas que le fruit de cet amour c’est l’enfant, les enfants, la famille…

Papa, maman et les enfants quoi de plus naturel en somme ! L’égalité est un faux-débat, c’est une propagande marxisante qui tend à infantiliser et à matérialiser l’amour humain au profit d’idéologies niant la réalité naturelle.

Le rôle de l’Etat ?

Le rôle de l’Etat et de tout homme et de toute femme politique est de protéger notre histoire naturelle, notre civilisation, nos institutions. Au lieu de les affaiblir, aidez-les, développez-les, renforcez-les, sauvez-les !

Où est l’inégalité, où est l’injustice dans cette histoire du mariage ? Existe-t-il une dictature des sexes ?

L’homme et la femme ?

Pourquoi l’homme et la femme doivent-ils se définir par leur appétence, leur pratique sexuelle uniquement. Le sujet (l’homme et la femme) est-il dépendant de l’objet : l’accessoire précéde-t-il le principal? Ne devons-nous par ordonner, retrouver le bon sens de notre existence?

Quelle est la différence entre l’amour humain entre un homme et une femme; et, l’amour humaine entre deux personnes du même sexe ? De leur union, la famille, l’enfant peuvent-ils naître?

Ecoutons ce que nous dit Aude Mirkovic (*)

« L’égalité n’est pas l’indifférenciation et la différence de situations justifie la différence de traitement. Au contraire, traiter tout le monde de la même manière peut se révéler parfaitement inégalitaire. L’égalité impose seulement de traiter de la même manière ceux qui sont dans des situations équivalentes » affirme Aude Mirkovic.

Le Conseil Constitutionnel appuie cette position dans une décision du 28 janvier 2011 : « la différence de situation entre les couples de même sexe et les couples composés d’un homme et d’une femme peut justifier une différence de traitement quant aux règles du droit de la famille » (**).

Vers une reconnaissance légale d’un sentiment ?

S’il y a donc une distinction qui est faite entre les couples homme-femme et les couples homosexuels, c’est bien que les premiers voient leur relation encadrée et reconnue par la loi, et non les seconds.

Quand on parle d’inégalité ou d’injustice par rapport à la volonté des homosexuels de se marier, il s’agit en réalité d’une impossibilité intrinsèque qu’encadre tout simplement les coutumes, les préceptes et maintenant la loi : de la relation amoureuse (respectueuse) de deux homosexuels ne peut naître la vie. La loi n’est pas là pour encadrer toutes les modalités de la vie privée, affective et amoureuse. Heureusement !

Le mariage c’est quoi ?

Historiquement, ancestralement et de nos jours, sous toutes les latitudes et en France , le mariage est un accord, un contrat, un engagement qui institutionnalise l’union dans la durée d’un homme et d’une femme. Cette union, ou ce mariage peut-être religieux (le mariage en France a été fondé par les religions judéo-chrétiennes, et plus récemment il existe une réalité du mariage religieux musulman). Il est légalisé en France par le mariage civil.

Le mariage religieux…

Nous présentons le mariage religieux chez les chrétiens (catholique, orthodoxe, protestant), chez les juifs et chez les musulmans (ordre alphabétique).

  • Chez les chrétiens (on parle de sacrement de mariage) :

Il est à noter que le mariage chez les chrétiens diffèrent en fonction de la religion : catholique, protestante ou orthodoxe.

Chez les orthodoxes, le mariage commence par l’eucharistie, puis par les fiançailles. Puis, le pope (prêtre) passe un anneau en argent au doigt de la future épouse, et un anneau en or au doigt du futur époux. Ces-derniers échangent ensuite leurs anneaux. Ils sont ensuite couronnés par le pope.

Chez les protestants, le mariage est une bénédiction qui a lieu au temple. La cérémonie débute par la signature des registres (qui servaient d’actes d’état civil avant la révolution française)… par les époux et les témoins. Puis des lectures sont lues. L’échange des consentements a lieu après et les époux sont bénis par le pasteur.

Chez les catholiques, le mariage peut-être célébré lors de la messe ou lors d’une simple bénédiction à l’église. Le marié arrive le premier auprès de sa maman et va devant l’autel où sont disposés deux chaises pour les mariés. La mariée entre ensuite dans l’église au bras de son père accompagnée de la traditionnelle marche nuptiale ou une autre musique. Le prêtre ouvre ensuite la célébration religieuse avec une prière suivie par la lecture d’un texte de la bible, un psaume et l’Evangile. Le prêtre procède ensuite à la célébration du sacrement puis demande aux époux d’échanger leurs consentements. Cette action précède la bénédiction et la remise des alliances. A la fin, les époux et leurs témoins doivent signer les registres.

Exemple d’échanges de consentement (chez les catholiques) :

Le futur époux : « N, veux-tu être ma femme (mon épouse)? »

La future épouse : « Oui, je veux être ta femme (ton épouse). Et toi, N., veux-tu être mon mari (mon époux)? »

Le futur époux : « oui, je veux être ton mari (ton epoux) »

La future épouse : « Je te reçois comme époux et je me donne â toi. »

Le futur époux : « Je te reçois comme épouse et je me donne à toi. »

Les époux disent ensemble : « Pour nous aimer fidèlement dans le bonheur et dans les épreuves, et nous soutenir l’un l’autre, tout au long de notre vie. »

  • Chez les Juifs :

Le mariage juif exige à la future épouse de procéder la veille de l’union à un bain de purification appelé « Mikve ». Le jour J, il est demandé aux époux de jeûner jusqu’à la fin de la cérémonie afin de s’assainir de leurs péchés. Se déroulant dans une synagogue, la célébration débute par les fiançailles des futurs époux. Devant deux témoins, l’homme passe l’alliance à l’index droit de sa promise avant de boire une coupe de vin. Le rabbin lit alors le « Ketouba » qu’il fera signer ensuite par le marié et les témoins. Vient ensuite la bénédiction des époux par la lecture des sept « cheva bra’hot ». Les époux boivent ensuite une autre coupe de vin, puis le marié brise un verre en commémoration de la destruction du temple de Jérusalem.

  • Chez les Musulmans :

Le mariage débute dans la famille de la future épouse par la cérémonie du henné durant laquelle la future mariée devra se soumettre à un rituel de purification. Célébrée à la mosquée par un Imâm, la cérémonie commence par la lecture de la « Khoutbah », élocutionse et louanges au dieu Allah. Le célébrant demande ensuite au futur marié s’il accepte de recevoir la promise comme épouse et ce, après l’approbation du responsable légal de celle-ci. La cérémonie prend fin après quelques prières en honneur des jeunes mariés. C’est au son du tambourin que se termine habituellement la cérémonie après remise du certificat de mariage aux jeunes époux.

Le mariage civil en France !

Le mariage homosexuel est aujourd’hui illégal. Le mariage civil doit précéder le mariage religieux et il a lieu entre un homme et une femme à la mairie du village ou de la ville de la future mariée. Les époux se rendent à la mairie avec leurs témoins et leurs familles. Le maire ou son adjoint est présent et c’est lui qui officialisera le mariage civil.

La République française rappelle aux futurs époux les conditions pour se marier :

  • Les futurs mariés doivent avoir au moins 18 ans sauf autorisation du procureur.
  • Ils doivent être célibataires.
  • Les futurs mariés doivent être de sexe opposé.
  • Ils ne doivent pas être liés par des liens de parenté.
  • La loi française interdit formellement de se marier avec un ascendant en ligne directe, ou avec un descendant, ou avec un frère ou une soeur, un oncle ou une tante, une nièce ou un neveu.

Le déroulement de la cérémonie à la mairie.

Le maire ou son adjoint lit les articles du code civil suivant :

ARTICLE 212 : Les époux se doivent mutuellement respect, fidélité, secours et assistance.

ARTICLE 213 : Les époux assurent ensemble la direction morale et matérielle de la famille, ils pourvoient à l’éducation des enfants et préparent leur avenir.

ARTICLE 214 : Si les conventions matrimoniales ne règlent pas la contribution des époux aux charges du mariage, ils y contribuent à proportion de leurs facultés respectives.

ARTICLE 215 : Les époux s’obligent mutuellement à une communauté de vie.

ARTICLE 220 : Chacun des époux a pouvoir pour passer seul les contrats qui ont pour objet l’entretien du ménage ou l’éducation des enfants : toute dette ainsi contractée par l’un oblige l’autre solidairement. La solidarité n’a pas lieu, néanmoins, pour des dépenses manifestement excessives, eu égard au train de vie du ménage, à l’utilité ou à l’inutilité de l’opération, à la bonne ou mauvaise foi du tiers contractant. Elle n’a pas lieu non plus, s’ils n’ont été conclus du consentement des deux époux, pour les achats à tempérament ni pour les emprunts à moins que ces derniers ne portent sur des sommes modestes nécessaires aux besoins de la vie courante.

ARTICLE 371-1 : L’autorité parentale est un ensemble de droits et de devoirs ayant pour finalité l’intérêt de l’enfant. Elle appartient au père et à la mère jusqu’à la majorité ou l’émancipation de l’enfant pour le protéger dans sa sécurité, sa santé et sa moralité, pour assurer son éducation et permettre son développement, dans le respect dû à sa personne. Les parents associent l’enfant aux décisions qui le concernent, selon son âge et son degré de maturité.

Suit ensuite l’échange des consentements des époux, la déclaration de l’union des époux par le maire ou son adjoint, la signature des registres, la remise aux époux du livret de famille…

Messieurs HOLLANDE, AYRAULT et Madame TAUBIRA : pourquoi changer tout cela ? Pourquoi affaiblir à ce point le mariage? Au profit de qui, de quelques-uns qui ont pris le pouvoir parce que leur réseau est puissant?

Non, franchement, ce n’est pas digne de vous, c’est indigne des Français, de la France et de son histoire doublement millénaire.

Nous vous invitons au débat, nous vous demandons un référendum.

Et nous souhaitons principalement que votre devoir, votre mandat, votre budget soit au service du Mariage, du plus grand nombre, de la Famille et du Bien Commun !

(*) « Le mariage, un service public à redécouvrir”, d’Aude Mirkovic, article paru dans la Revue Lamy Droit Civil

(**) Conseil Constitutionnel du 6 octobre 2010, n° 2010-39 QPC, considérant n°9

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Une réflexion au sujet de « Projet de loi Taubira »

  1. et que faites vous des articles 1387 du code civil ? C’est là dessus qu’il faut agir sur le fondement des « bonnes moeurs » que l’état se doit de garantir !

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