Face-à-face

Dans cette page nous présentons les arguments de personnes qui sont pour le mariage gay, l’adoption d’enfants par les couples homosexuels, et la procréation médicalement assistée. Nous leur opposons nos arguments.

LE FACE-A-FACE DU 20 NOVEMBRE 2012 : A DIFFUSER LARGEMENT

Bonjour, il était temps que Les Tourtereaux se confrontent au lobby LGBT et principalement à l’association Homophobie. Voilà c’est fait. Ce face-à-face est né de la confrontation du samedi 17 novembre où notre porte-parole a rencontré les opposants à La Manif Pour Tous. « Ils étaient une poignée, peut-être une vingtaine ». « Personne ne s’est arrêté pour discuter avec eux. J’ai donc fait le pas : je suis allé à leur rencontre. Ils étaient bloqués par un cordon de la gendarmerie mobile. Je me suis glissé dans leur groupe et j’ai demandé à rencontrer leur responsable. Tous criaient : « Egalité, égalité, égalité…Homophobes, homophobes ».

Je leur ai présenté notre mouvement, Les Tourtereaux, et leur ai dit : « pourquoi ne voulez-vous pas débattre? Ils ont répondu : « c’est une proposition de François Hollande, elle ne doit pas être débattue ». Et les autres reprenaient : « Egalité, égalité, égalité…Homophobes, homophobes… » Puis, je leur ai dit : « nous demandons que soit inscrit dans la Constitution : « le mariage est l’union d’un homme et d’une femme ». Qu’en pensez-vous? « Nous voulons l’égalité des droits… » Je continuais : « mais vous comprenez bien (?) que les situations étant différentes : vous ne pouvez pas procréer, vous ne pouvez pas vous accoupler. Un couple homme-femme s’unit pour donner la vie, vous (les homosexuels) vous ne pouvez pas donner la vie. Il n’existe pas d’homofiliation. C’est un mensonge, une supercherie, un leurre…Ne mentez pas aux enfants. Ne les prenez pas en otage. L’enfant est un sujet de droit, ce n’est pas un objet du droit… »

Pour toute réponse : « Homophobes, homophobes, homophobes…Egalité, égalité… »

Je m’extirpais du cordon de la gendarmerie et je regagnais La Manif Pour Tous à grandes enjambées… »

Dans ce face-à-face ci-dessous qui continue la discussion ci-dessus nous présentons les arguments de l’association Homophobie (en italique) et les nôtres (en gras) :


Mariage homo, mariage gay, mariage pour tou-te-s ?

Les opposant-e-s au projet de loi utilisent les expressions “mariage homo” et “mariage gay » pour donner l’impression que ce sont des revendications communautaristes qui réclament des lois spécifiques, alors que c’est exactement l’inverse : aujourd’hui le mariage est réservé à la « communauté » présumée hétéro !  Avec le mariage pour tou-te-s, il s’agit d’obtenir les mêmes droits pour toutes et tous. Les lesbiennes, les trans, les bi, les gays, les hétéros composent la société ensemble et à ce titre, ils et elles ont droit aux mêmes droits.

Non, c’est exactement cela : une poignée de militants (au maximum 1000 homos sur une communauté de 200 à 300 000), s’arroge le droit de dicter, d’imposer au plus grand nombre leurs moeurs, leurs désirs, leurs réformes pour notre société. Par distorsion et par pure idéologie les LGBT, avec l’appui de certains politiques comme Dominique Strauss-Kahn (DSK) dès 2004, et de personnalités du monde des affaires, des arts et de la culture comme Pierre Bergé (Yves-Saint-Laurent), souhaitent, après le PACS, imposer le « mariage pour tous ». Il faut que la société se définisse autrement par ses comportements sexuels, ses appétits sexuels. Heureusement que la société est composée d’hommes et de femmes et non pas de genres dictés par leur pratique ou expérimentation sexuelle…


Pourquoi les opposant-e-s au mariage mettent-ils le mot “mariage” entre guillemets ?

Pour dénigrer cette forme d’union. Certain-e-s parlent aussi de “duos homosexuels” dans le but de rabaisser les couples de même sexe qui ne mériteraient donc même pas le qualificatif de couple… Pourtant, la loi de 1999 sur le Pacs et le concubinage prévoit déjà que le couple peut être formé de deux personnes de sexes différents ou du même sexe. “Couple”, c’est donc le bon mot selon le Code civil et aussi selon le dictionnaire.

Parce qu’il ne peut y avoir de « mariage » gay. Le couple = un homme + une femme, un duo ou une paire peut effectivement regrouper indifféremment : deux hommes, deux femmes, un homme et une femme. Pour arriver à leurs fins, nous assistons à un véritable chamboulement (révolution) éthymologique avant d’être anthropologique. Nous comprenons bien que vous vous opposez à la nature. Le PACS est l’avant-garde du « mariage » gay. Nous le savions bien. D’ailleurs il est étonnant que Laurence Tcheng et Frigide Barjot qui s’opposent avec beaucoup de courage au « mariage pour tous » ait été partisanes du PACS en 1998. C’est dommage et surtout contradictoire. Mais on peut changer…dans le bon sens. Les Tourtereaux n’ont jamais changé sur le sujet!


Le Pacs ne suffit-il pas ?

Non. Les droits donnés par le Pacs et le mariage sont très différents ! Contrairement au mariage, le Pacs ne prévoit pas la protection du ou de la partenaire survivant-e en cas de décès (pensions de reversion, droits de succession). Il ne prévoit pas non plus les droits extra-patrimoniaux liés à la famille, comme le port du nom de son ou de sa partenaire, ou les liens de parentalité et droits de filiation. En conclusion, le couple marié est mieux protégé par la loi que le couple pacsé. Il est inacceptable que l’Etat français, dont la devise est pourtant « liberté, égalité, fraternité », discrimine légalement les couples sur la base de l’orientation sexuelle des partenaires.

Si le PACS suffit. Nous ne le voulions pas, mais il est là. Pourquoi ne pas vous l’appliquer puisque vous l’avez tant réclamé ce PACS? Nous allons même jusqu’à vouloir son amélioration (vous voyez, Les Tourtereaux sont vraiment de bonne volonté…faites-en preuve aussi !). Il est absurde que ce PACS soit signé au Tribunal d’instance. La mairie serait le mieux. Mais pas de « mariage » gay !

Les Tourtereaux demandent que notre devise soit réformée (vous l’avez compris, nous sommes très progressistes et modernistes, voire avant-gardistes). Ajoutons ALTERITE, à Liberté, Egalité, Fraternité.



Est ce qu’il pourrait suffire d’améliorer le Pacs, ou de proposer aux couples homosexuels une union civile ?

Il est symboliquement très important que la loi donne aux couples homosexuels les mêmes droits qu’aux couples hétérosexuels, et que leurs unions portent le même nom. Si le mariage civil des couples hétérosexuels devait aussi être renommé « union civile » alors pourquoi pas ! Mais n’est-il pas plus simple et plus clair d’ouvrir à tous et à toutes la possibilité de se marier ?

Non, nous répétons que l’égalité est impossible en la matière. C’est une question d’humanité : l’humanité est composée d’hommes et de femmes. Pour se renouveler l’humanité aura toujours besoin de l’homme et de la femme : c’est vital. La société, la France, l’Etat, le Gouvernement, nos législateurs ne peuvent reconnaître « l’union d’un homme et d’un homme, d’une femme et d’une femme ». Elle ne débouche sur rien, c’est une mode passagère. Attention, ne vous laissez pas attirer par les sirènes de l’idéologie égalitaire asexuée. Altérité oblige. Il faut inscrire dans la Constitution que « le mariage est l’union d’un homme et d’une femme ».


Le mariage est-il une attente du “lobby homosexuel” ?

S’il existe un lobby homosexuel, nous en voulons bien l’adresse ! L’homophobie aurait été annihilée et le mariage pour tou-te-s voté depuis longtemps. Plus sérieusement, il existe des associations militantes qui revendiquent certains droits mais elles peuvent difficilement être qualifiées de lobby puisqu’elles ne revendiquent pas l’octroi de droits spécifiques ! L’objet des revendications est bien d’obtenir les mêmes droits que les hétérosexuel-le-s. L’objet des revendications des associations telles que SOS homophobie est bien que les couples de même sexe aient les mêmes droits que les couples hétérosexuels.

OUI


Est ce que l’ouverture de mariage à tous les couples risque de bouleverser notre société ?

Non ! L’homosexualité a toujours existé, de même que les couples de même sexe. Par ailleurs notre société a évolué… maintenant la loi doit suivre. La majorité de la population française est favorable à cette loi, la société est prête. Onze pays, de trois continents différents, ont déjà légalisé le mariage pour les personnes homosexuelles sur l’ensemble de leur territoire. Par exemple, les Pays Bas, il y a déjà onze ans, et ce pays ne s’en porte pas plus mal. De même que l’Afrique du Sud depuis 2006, l’Espagne depuis 2005 ou la Belgique depuis 2003. Pas de bouleversements de société en vue. La crise économique internationale n’a rien à voir avec la généralisation du mariage pour tou-te-s.

Oui, l’histoire nous donne des exemples : la Grèce et la Rome antiques. D’autant plus que ces deux nations n’étaient pas allées jusqu’à la reconnaissance légaliste.

Ces deux pays ont connu les affres de la corruption de façon corollaire.

Après ou en même temps que notre crise économique et financière nous connaîtrons une grave crise sociétale. Notre environnement, notre culture, notre nature même en sera modifiée. On touche en quelque sorte à notre ADN, à notre moi profond. D’ailleurs est-il bon de rappeler que depuis 1999, depuis l’adoption du PACS, la culture homo est partout : à la télé, dans les films, sur les ondes, chez les artistes, chez les animateurs Télé. Nous ne voulons pas de cette société qui montre un seul exemple : celui de la culture homosexuelle. L’homosexualité et sa culture se diffusent petit à petit…Et nous disons NON. La France ce n’est pas l’avènement de la culture et des expériences homosexuelles. La France, c’est heureusement autre chose : c’est la famille, c’est l’amour entre un homme et une femme, c’est l’union de cet homme et de cette femme, c’est leur mariage pour fonder une famille, elle-même fondatrice de notre société. En prônant le « mariage » gay, le « mariage pour tous », vous devez un signal fort à la culture LGBT, vous détruisez la cellule familiale. Vous donnez libre-cours au relativisme, à l’égalitarisme et au nihilisme. Attention danger.

La suite au prochain face-à-face…;-)

LE FACE-A-FACE DU 30 OCTOBRE 2012

Cette fois-ci nous vous présentons les partis politiques Français qui s’opposent sur le « mariage pour tous »

Ceux qui sont POUR :

  • Le Nouveau Parti Anti-Capitaliste d’Olivier Besancenot. Il est pour le mariage homosexuel, l’adoption pour les couples de même sexe.
  • Le Parti Communiste
  • Le Parti socialiste, on s’en doutait ! Mais attention à la fronde de certains élus qui peut devenir un véritable tsunami !
  • Les Verts dénoncent se sont prononcés, lors de leur Conseil national interrégional de 2003, en faveur du mariage homosexuel.
  • Le MODEM de François Bayru  se prononce en faveur d’un remplacement du PACS par une union civile ouverte à tous et offrant les mêmes droits que le    mariage, mais portant un autre nom que le mariage. Il est également favorable    aux adoptions simples pour les couples de même sexe, ainsi qu’à la    reconnaissance du second parent dans le cas des adoptions par les couples    homosexuels
  • Alternative libérale s’est déclaré favorable au mariage homosexuel, le considérant comme une liberté individuelle fondamentale. Cela le distingue de Démocratie Libérale qui s’était opposé au PACS .
  • Le Nouveau Centre d’Hervé Morin s’est prononcé pour le mariage homosexuel et  l’adoption d’enfants par des couples homosexuels.

Ceux qui sont CONTRE :

  • L’UMP  est opposée au mariage homosexuel. Nicolas Sarkozy, s’était prononcé, à plusieurs reprises, contre le mariage civil homosexuel. Plus récemment se sont Jean-Françoic Copé et François Fillon en lice pour la présidence de l’UMP qui sont contre.
  • Le Parti Chrétien Démocrate fondé et présidé par Christine Boutin.
  • Le Mouvement pour la France. 
  • Le Front national.

LE FACE-A-FACE DU 27 OCTOBRE 2012

Cette fois-ci ce sont des élus qui s’opposent sur le mariage gay.

Arguments et nom des élus qui s’opposent au « mariage pour tous » :

  • «Si la loi est votée, je demanderai à mes adjoints de célébrer les mariages homosexuels. Ils sont contraires à mes croyances religieuses». Propos de Raymond Mercier, maire de Guiclan.
  • «C’est contraire à mon éthique..Je sais que beaucoup de mes adjoints y sont opposés. Pour certains, c’est même un motif de non-renouvellement de mandat». Propos de Jean-Guy Gueguen, maire de Carentec.
  • «Le mariage légalise automatiquement une filiation impossible biologiquement. C’est mentir à l’enfant». «Il n’y a pas d’un côté les réacs de droite et de l’autre les progressistes de gauche». Propos de Agnès Le Brun, maire de Morlaix
  • «On est en train de détruire l’équilibre familial». Propos de Jean-Marc Puchois, maire de Lampaul.
  • «On pourrait se contenter de faire évoluer le Pacs». Propos de Georges Tigréat, maire de Landivisiau.
  • «Je suis prêt à célébrer des Pacs à la mairie». Propos de Yvon Tanguy, maire de Plougasnou.

Arguments de ceux qui sont pour le « mariage pour tous  » :

  • «C’est un choix de vie personnel». Propos de Georges Lostanien, maire de Guïmaec.
  • «De quel droit m’opposerai-je à l’union d’un couple qui s’aime?». Propos de Yves Moisan, maire de Plouezoch.
  • «Il faut suivre l’évolution de la société». Propos de Jean Berrou, maire de Plougoulm.

LE FACE-A-FACE DU 26 OCTOBRE 2012

Nous présentons ici l’opposition qui existe entre l’essai du Grand Rabbin de France, Gilles Bernheim : « ce que l’on oublie souvent de dire », et ses opposants Franck Jaoui, porte-parole du Beit Haverim, groupe gay et lesbien juif de France, Alexandre Urwicz, coprésident de l’association des familles homoparentales et Martine Gross, sociologue, Centre d’Etudes Interdisciplinaires des Faits religieux, CNRS.

Nous prenons partie pour l’essai du Grand Rabbin, tout en soulignant que nous n’avons pas vu de déclaration homophobe. Le débat étant passionné, il existe à l’heure actuelle une disproportion, une exagération plus ou moins médiatique fomentée par les partisans du « mariage pour tous » qui tenterait à dénoncer tout propos s’opposant au projet de loi Taubira comme étant de l’homophobie. Nous dénonçons ces excès, qui ne sont que de la propagande pure et simple. Et si on parlait d’HETEROPHOBIE???

Extraits de l’essai de Gilles Bernheim, Grand Rabbin de France. Retraçons ici son introduction :

« Un grand nombre de nos concitoyens ne perçoit dans la revendication du mariage homosexuel qu’une étape supplémentaire de la lutte démocratique contre l’injustice et les discriminations, dans la continuité de celle engagée contre le racisme.

C’est finalement au nom de l’égalité, de l’ouverture d’esprit, de la modernité et de la bien-pensance dominante qu’il nous est demandé d’accepter la mise en cause de l’un des fondements de notre société. Et d’ailleurs, sondages à l’appui, cette mise en cause serait déjà acceptable par une majorité de nos concitoyens et son inscription dans la Loi n’appellerait, de ce fait, aucun débat à la mesure des enjeux.

Je pense, au contraire, qu’il est de la plus haute importance d’expliciter les véritables enjeux liés à la négation de la différence sexuelle et de débattre publiquement sur ces bases

– plutôt que sur des principes, comme l’égalité, qui flattent ceux qui s’en font les porte-étendards, mais dont l’invocation pour faire passer dans la Loi le mariage homosexuel, l’homoparentalité et l’adoption par les homosexuels ne résiste pas longtemps à l’analyse.

Dans cet essai, je propose de décrypter le discours des partisans d’une Loi, de passer au crible leurs arguments et de mettre en lumière les effets négatifs des dispositions qu’ils revendiquent. 

Mon objectif est de contribuer à l’émergence d’un véritable débat sur la place publique car le sujet mérite mieux que le tribunal des bonnes consciences, où ses partisans entendent le maintenir jusqu’au vote de la Loi, à coup de caricatures disqualifiantes contre ceux qui chercheraient à questionner leur projet et leurs motivations.

Les caricatures ont la vie dure et certains pourraient avoir envie de rejeter l’ensemble de mon propos au motif qu’un Rabbin ne devrait pas sortir de sa sphère religieuse ou que la Bible interdisant l’homosexualité, je n’aurais rien de plus à ajouter.

A ces deux objections, je veux répondre d’emblée car je sais trop l’efficacité des attaques ad hominem qui permettent de décrédibiliser un intervenant, de faire l’économie de l’analyse de ses propos et donc d’esquiver le débat.

Je m’exprime en qualité de Rabbin, et plus particulièrement de Grand Rabbin de France. Je ne suis pas le porte-parole d’un groupe d’individus, mais le référent et le porte-parole du judaïsme français dans sa dimension religieuse.

Comme tous les autres Rabbins, je suis un lecteur, un enseignant et un commentateur des textes de la sagesse juive qui sont empreints d’une grande tradition de dialogue, de dialectique, d’herméneutique, bref de pluralisme.

 J’ai toujours regardé comme un devoir l’engagement intellectuel dans les grands choix de l’histoire et en premier lieu dans les grands choix de mon pays. A ce titre, le projet d’autoriser le mariage homosexuel, de même que le projet de donner une réalité juridique à des faits d’homoparentalité et d’adoption, me concernent. C’est pourquoi je récuse la posture de repli d’une minorité de responsables religieux, consistant à se mettre hors-jeu et à s’exclure du débat, au motif qu’il existe la possibilité d’un mariage religieux en aval du mariage civil. Le hors-jeu est une faute quand il pratique l’autopromotion.

Ma prise de parole est l’expression réfléchie de la solidarité qui me lie à la communauté nationale dont je fais partie. 

Elle est aussi l’expression responsable des principes universels que cette communauté a forgés et défendus au cours des siècles, principes sur lesquels la République est fondée et sans lesquels elle ne saurait subsister. Si quelqu’un qui n’est pas juif veut bien m’écouter, il recevra mes propos en fonction de son jugement personnel, de son propre système de valeurs et de sa propre identité religieuse, agnostique ou athée. Il pourra, s’il le souhaite, leur reconnaître de la sagesse et leur attribuer une valeur morale.

Ma vision du monde est guidée par la Bible et par les commentaires rabbiniques – ce qui ne surprendra personne. Concernant les sujets-clés de la sexualité et de la filiation, elle est fondée sur la complémentarité de l’homme et de la femme.  

Dans cet essai, je me suis référé exclusivement au livre de la Genèse et ai donc choisi ne pas mentionner les interdits homosexuels inscrits dans le Lévitique car j’ai considéré que l’enjeu n’est pas ici l’homosexualité qui est un fait, une réalité, quelle que soit mon appréciation de Rabbin à ce sujet, mais le risque irréversible d’un brouillage des généalogies, des statuts (l’enfant-sujet devenant enfant-objet) et des identités – brouillage préjudiciable à l’ensemble de la société et perdant de vue l’intérêt général au profit de celui d’une infime minorité.

Enfin, j’ajouterai que ma vision biblique du monde, où la justice est un principe central, me conduit naturellement à condamner et à combattre avec force les agressions physiques et verbales dont sont victimes les personnes homosexuelles, au même titre que je condamne et combats avec force les actes et propos racistes et antisémites.

Je tiens à remercier T. Collin, J.P. Winter, M. Gross, B. Bourges et L. Roussel pour la richesse de leurs réflexions qui a nourri ce projet et dire toute ma gratitude à Joël Amar pour son aide si précieuse dans l’accompagnement de cet essai. »

On le voit la volonté du Grand Rabbin n’est pas du tout de tenir des propos homophobes.

Pourtant, voilà ce qu’écrivent et pensent les opposants à cet essai :

« L’essai que vient de publier le grand rabbin de France sur le site internet du CRIF est étonnant à plus d’un titre. Relevons tout d’abord son caractère violemment homophobe. La terminologie utilisée est quasiment guerrière. A au moins trois reprises, le terme de « cheval de Troie » est utilisée. Les homosexuels, par diverses stratégies, chercheraient à réaliser un ambitieux projet, la négation de toute différence sexuelle (p. 14), le combat contre l’hétérosexualité (p. 20), l’effacement de différences sexuelles (p 17), le combat contre l’actuel modèle familial (p.20), le projet politique de détruire le mariage :  » L’objectif des militants serait finalement la destruction pure et simple du mariage et de la famille « . Et à nouveau dans la conclusion,  » le mariage homosexuel comme un cheval de Troie dans l’entreprise de nier la sexuation… pour dynamiter les fondements hétérosexuels de notre société « . A l’image du mythe dans l’Iliade et l’Odyssée, ce serait une malédiction. L’homophobie, la peur des homosexuels. Ici, il ne s’agit plus de peur mais de terreur. Comment qualifier autrement ce discours quasiment guerrier ?

Pourquoi s’étonner que le grand rabbin tienne un pareil discours homophobe ? Après tout la Torah qualifie l’homosexualité masculine d’abomination et condamne à mort ceux qui commettent cette abomination. Mais le grand rabbin se défend dans son introduction d’appuyer son discours sur les Ecritures, malgré plusieurs pages consacrées à la fin de l’essai à la vision biblique de la complémentarité homme-femme. Il nous explique que l’humanité est faite de la différence sexuelle et que notre finitude, à savoir l’autre sexe à jamais inaccessible, est une marque de notre humanité. Pour mieux combattre les revendications ayant trait au mariage et à l’homoparentalité, il prête aux homosexuels rien de moins que l’intention de détruire la dimension sexuée de l’individu. Qui veut tuer son chien dit qu’il a la rage ! A l’appui de son argumentation, il reprend à son compte mot pour mot l’argumentaire de la Conférence des évêques de France dans la controverse de 2011 sur l’enseignement du genre en classe de 1ere SVT.

« La théorie du genre »

Selon cette argumentation, les revendications d’égalité des homosexuels s’appuieraient sur « la théorie du genre ». Or, il n’existe pas de théorie du genre mais des études de genre. Le genre est un concept et un champ d’études. Si le grand rabbin fait l’effort de définir la notion de « genre » comme rôle social relatif aux normes imposées par la société, il tombe dans le travers qui consiste à simplifier à l’extrême, au point de tordre les mots et de falsifier  la notion, en attribuant aux théoriciens du genre la définition des individus par leur orientation sexuelle plutôt que par leur sexe. Or, ce qui intéresse les études de genre, c’est l’articulation entre identité sexuelle et orientation sexuelle, comment par exemple l’hétérosexualité façonne les normes de masculinité et de féminité. L’orientation sexuelle ne vient donc nullement remplacer l’identité sexuelle, comme le prétend le grand rabbin.

Il peut être amusant de souligner que certains écrits de la mystique juive, « queers » avant l’heure, révèlent d’autres relations entre le masculin et le féminin que celles de la différence irréductible des sexes. Charles Mopsik (1956-2003), spécialiste de la Kabbale, relève que les kabbalistes considéraient comme une grave anomalie le fait qu’un homme ou qu’une femme ne comporte pas en lui la valence sexuelle opposée. L’un d’entre eux, Jacob Koppel Lifschietz, un mystique juif du dix-huitième siècle, allait encore plus loin. En s’appuyant sur le Zohar (1,137b), l’un des principaux livres  de la mystiques juives : « chaque espèce aime son espèce, chaque genre est attiré par le même genre », il affirmait en 1803 que le masculin était attiré par le masculin, le féminin par le féminin et non l’inverse. Certains kabbalistes peinaient donc à admettre  que le féminin puisse désirer le masculin et réciproquement. Il leur était plus facile d’expliquer , sur un plan théorique, le désir pour le même sexe que pour le sexe opposé. Jacob Koppel Lifschietz  résout le paradoxe de l’hétérosexualité de la manière suivante : c’est la présence simultanée du masculin et du féminin au sein de chaque individu qui rend possible le désir de l’homme pour la femme et de la femme pour l’homme dans la mesure où c’est le féminin dans l’homme qui l’attire vers la femme, de même que c’est le masculin dans la femme qui est la clé de son attraction pour l’homme.

Quoi qu’il en soit, les homosexuels s’appuieraient sur « la théorie du genre » pour mener à bien leur entreprise de sape des fondements hétérosexuels de la société. Or, pour quiconque se donne la peine de se pencher sur le vécu des familles homoparentales et la manière dont elles élèvent leurs enfants, il sera évident qu’aucune théorie du genre n’est mise en avant pour justifier leurs revendications à l’égalité et à la protection de leurs enfants. Bien plus, un travail de sociologie encore en cours de Camille Frémont, sous la direction de Didier Le Gall, semble montrer que malgré (ou à cause de) la structure homoparentale de ces familles, elles transmettent les normes de genre à leurs enfants tant elles sont prises dans un désir de conformité et d’intégration pour leurs enfants. En quoi les familles homoparentales détruisent-elles la réalité sexuée de l’humanité ? L’altérité sexuelle de l’humanité ne pourrait pas se transmettre aux enfants élevés dans un foyer homoparental ? Des centaines d’études nous démontrent le contraire.

Ce que l’homoparentalité révèle

Les enfants nés dans les années 1970 et postérieures et élevés dans de tels foyers aujourd’hui sont adultes aujourd’hui, souvent parents à leur tour. Ils ont grandi en tant que garçon, puis homme ou en tant que fille puis femme. Certains sont homosexuels, mais la plupart ne le sont pas. Deux parents de même sexe, sont deux mères ou deux pères. Deux mères, ce sont des femmes, ce ne sont pas des êtres asexués. Deux pères, ce sont deux hommes. Ce ne sont pas deux êtres asexués. Leurs préférences sexuelles ne nient pas la sexuation de l’humanité. C’est bien en tant qu’homme ou en tant que femme, qu’une personne homosexuelle désire une personne du même sexe. De même, dans une famille homoparentale, il ne s’agit nullement de deux parents asexués.

Ce que l’homoparentalité révèle, c’est la distinction possible entre la parenté instituée et les liens biologiques. Deux mères n’ont pas conçu leur enfant ensemble. Il faut toujours un homme et une femme pour concevoir un enfant. Ni les mères lesbiennes, ni les pères gays ne le nient. Ils racontent dès le plus jeune âge à leurs enfants le récit de leurs origines et font place dans leur discours aux tiers : Donneur de sperme pour les unes, gestatrice et donneuse d’ovocyte pour les autres, cet homme bienfaisant pour les unes, ces femmes formidables qui leur ont permis de devenir parents pour les autres. La reproduction sexuée de l’humanité n’est pas remise en cause par les familles homoparentales, mais, dans ces familles, on ne fait pas semblant d’avoir procréé ensemble contrairement à ce qui est institué chez les couples hétérosexuels infertiles. Ce que les familles homoparentales revendiquent c’est de reconnaître qu’on peut constituer légalement un couple de parents sans pour autant qu’ils procréent ensemble.

Le mariage est ouvert aux couples hétérosexuels qui ne souhaitent pas avoir d’enfant. Il s’agit de distinguer ici la dimension instituée de la parenté de la dimension biologique. Ce n’est pas nier la dimension biologique, c’est au contraire, accepter de dire qu’elle existe et que dans certains cas son existence ne se confond pas avec des liens légaux de parenté. Notons que les lesbiennes et les gays ne sont pas demandeurs de l’anonymat des dons. Les couples hétérosexuels infertiles cherchent parfois à nier le recours à un tiers donneur et à passer pour les géniteurs de leurs enfants car notre société les y autorise voire les y incite. Les couples de même sexe ne sont pas tentés par cette fiction et font place dans leur récit de l’histoire de la conception, à l’intervention de ce tiers. De plus en plus de lesbiennes ayant recours à une IAD à l’étranger choisissent le don semi-anonyme, c’est-à-dire, la possibilité que leur enfant à 18 ans puisse avoir accès à l’identité du donneur qui a permis sa venue au monde. Les pères gays qui ont eu recours à une gestation pour autrui sont souvent en relation avec les femmes qui les ont aidés à donner la vie. Où est la négation de la différence des sexes ?

Renforcer le mariage

Dernier motif d’étonnement, la manipulation malhonnête des chiffres, (p15 et 16). L’auteur tente notamment de minimiser le nombre d’enfants concernés. Il rapporte par exemple le nombre d’adhérents de l’Association des parents et futurs parents gays et lesbiens (APGL) sans mentionner qu’il existe deux autres associations françaises, l’Association Des Familles Homoparentales (ADFH) et Enfants arc-ciels qui réunissent également des milliers d’adhérents et sympathisants. Mais peu importe les querelles de nombre. Au même titre que les juifs, toute petite minorité, ont obtenus leur pleine citoyenneté en dépit de leur faible nombre, même une poignée d’enfants a le droit d’être protégée juridiquement.

Nous, Français juifs , parents, homosexuels, affirmons que l’ouverture du mariage ne vient pas détruire cette institution mais la renforcer. D’autres courants du judaïsme, à l’inverse de celui que représente Gilles Bernheim, autorisent la nomination de rabbins gays, bénissent les unions de même sexe, et reconnaissent les familles homoparentales qui souhaitent transmettre les traditions. Avec un tel texte, le grand rabbin se rapproche des positions dogmatiques de l’Eglise catholique et ce faisant, perd en légitimité. Nous n’osons imaginer que ceci se justifie par un calcul politique dans un contexte de surenchères internes au Consistoire.

Franck Jaoui, porte-parole du Beit Haverim, Alexandre Urwicz, coprésident de l’AFDH, et Martine Gross, sociologue »

Vous l’avez compris l’enjeu dans ce Face-à-face est pour les partisans du mariage gay de faire évoluer leurs courants religieux et de le renforcer. C’est dommage, nous continuons à soutenir l’essai du Grand Rabbin, et nous dénonçons toutes ces allégations. Ne pas reconnaître que l’enfant a besoin du père et de la mère pour grandir ne peut pas faire avancer le débat. Se l’approprier par des manières détournées est dilatoire et attentoire aux droits élémentaires de l’enfant. Enfin, limiter le débat à : « je suis homo, je dois avoir les mêmes droits que les hétéros… » ne peut être que stérile.

Il n’existe pas d’homofiliation.

LE FACE A FACE DU 24 OCTOBRE 2012

De Gilles Bon- Maury  : La France est à la traîne.

« Légaliser le mariage pour tous c’est adresser également un message à nos voisins, belges, hollandais, espagnols ou portugais, dont le mariage n’est pas  reconnu en France parce qu’ils sont deux époux ou qu’elles sont deux  épouses. Il est temps de rattraper ce retard qui plonge la France dans  le passé. Autrefois à la tête du combat pour les libertés individuelles  avec la reconnaissance du pacs, la France est désormais à la traîne. »

Les Tourtereaux répondent à Gilles :

« Non, la France n’est pas à la traîne. A la traîne de quoi et de qui ? Non, la France est encore souveraine en matière civile. Elle doit faire attention à ne pas tomber dans le piège de ressembler, de copier les rares pays : 10 dans le monde (sur 200), qui ont légalisé le mariage gay, et l’adoption d’enfants par les couples homosexuels.
Sans se lasser, il faut dire et redire, il faut répéter que l’enfant nait uniquement de l’union d’un homme et d’une femme. Le mariage c’est l’institution fondatrice de la famille, de notre société. Le mariage c’est l’union d’un homme et d’une femme.
Il ne faut pas oublier les droits de l’enfant : l’enfant a droit à la vie. Né d’un père et d’une mère, il a droit à grandir avec son papa et sa maman ou avec un papa et une maman. Nous n’oublions pas pour autant les familles monoparentales et les familles qui ne peuvent pas avoir d’enfants. L’Etat doit leur venir en aide, prioritairement.
Au nom de quoi, de quelle législation, de quelle mode, imposerions-nous à la société le mariage de deux hommes, de deux femmes, le changement de notre code civil, du livret de famille ?
Ne cassons pas la chaîne de notre humanité.
Avec Les Tourtereaux, protégeons le Mariage, l’Enfant et la Famille »

Retrouvez aussi ces échanges sur Newsring  : http://www.newsring.fr/societe/55-pour-ou-contre-le-mariage-gay/599-la-france-est-a-la-traine

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Une réflexion au sujet de « Face-à-face »

  1. Je viendrais à la manif pour tous, le 13 janvier 2013, avec l’objectif de dire au gouvernement que je ne partage pas leur point de vue de destruction des repères familiaux et de remise en cause du code civil. Autour de moi, énormément de personnes partagent le même avis et déclarent que le pouvoir marche sur la tête. C’est du vraiment n’importe quoi. Que veulent-ils ces gens du gouvernement ? La guerre civile ? La révolution ? Ou les deux à la fois ? Sachent-ils que le peuple français est très attaché à la famille et aux notions de père et de mère ?
    S’ils cherchent des incidents, ce n’est pas le peuple qui les fera mais le pouvoir socialiste et il en sera responsable. Le peuple veut qu’on le laisse tranquille sur le principe de la famille et de l’union entre un homme et une femme et rien d’autre.

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