Famille Chrétienne a interviewé Tugdual Derville qui parle de l’organisation, de Frigide…et confirme qu’il n’y aura pas de « gay-pride »!


Tugdual Derville : la Manif pour tous peut « déraciner un projet qui passe pour acquis » (2/2)

« Tout est parti d’une phrase dans  le style de Frigide, mais il ne s’est jamais agi de singer la Gay  pride. Soyons clairs, nous en avons parlé ensemble : il n’y aura pas de  char gay, pas plus que de chars « hétéro », car nous sommes au-delà de  ce genre d’étiquette… »

Le collectif de La Manif pour tous est en passe de réussir son pari d’une manifestation de masse. Le point avec Tugdual Derville, d’Alliance VITA, qui coordonne la mobilisation dans les régions et les associations. deuxième partie de votre interview.

Tugdual Derville à la Manif pour tous du 17 novembre. © Cyril Lepeigneux

Craignez-vous une récupération politique de la part de l’UMP ?

Comme  de nombreux élus et membres de ce parti hostiles à ce projet  gouvernemental, je pense que ce serait catastrophique. L’élan de La  Manif pour tous a surgi de la base, pas même des associations, pourtant  mobilisées de longue date. Quelques citoyens ont pensé qu’il fallait  très vite manifester en régions, dès novembre. Il serait injuste de  voler cette mobilisation à ceux qui l’ont initiée, avec un indéniable  courage et une magnifique efficacité en termes de nombre et de  communication.

Nous avons donc demandé à tous les partis  politiques (pas seulement à l’UMP), ainsi qu’à toutes les associations  organisatrices, de défiler sous un seul label : celui de La Manif pour  tous qui demande la suspension – c’est-à-dire le retrait en l’état – du  projet de loi, et l’ouverture d’un vrai débat sur la famille et la  filiation. Cela nous oblige tous à effacer nos logos derrière celui qui  nous réunit, et à mettre au second plan des revendications secondaires  qui ne font pas l’unanimité. C’est la grande force de cette Manif pour  tous : elle simplifie et unifie complètement toute l’organisation. Nos  « tribus gauloises », riches et diverses, et qui ne sont aucunement  obligées d’être d’accord sur tout, ne feront qu’une seule ce jour-là,  pour la cause qui nous unit. Reste que les élus sont bienvenus : de  gauche comme de droite, ils sont attendus, avec l’écharpe correspondant à  leur mandat : parlementaires, qui font la loi, conseillers régionaux ou  généraux, maires. Comme officiers d’état civil concernés au premier  chef par la sauvegarde du mariage républicain, les maires seront  particulièrement à l’honneur, avec les Maires pour l’enfance, mouvement  transpartisan de 18 000 élus.

Au sein de l’organisation, comment  se répartissent les rôles ? Vous-même, quelle place occupez-vous aux  côtés de Frigide Barjot ?

L’organigramme s’enrichit tous les  jours de nouvelles compétences, grâce auxquelles tout se prépare au  mieux. Participant à l’ensemble des décisions, je supervise  personnellement la mobilisation dans les régions et la concertation  interassociative, tout en étant l’un des porte-parole. Je pense que Frigide et moi nous complétons bien. Je lui suis reconnaissant d’avoir  voulu et organisé la manifestation du 17 novembre. Je découvre son  énergie, ses talents et sa créativité. Elle connaît les personnes  concernées par la revendication que nous contestons ; elle les aime avec  sincérité. C’est à la fois une personnalité imprévisible et intuitive,  et un « moteur à explosion ». Alors, bien sûr, une personnalité aussi  peu lisse peut « déraper » dans le feu d’une interview. Certains de ses  propos à l’emporte-pièce peuvent nous choquer. Elle le reconnait  volontiers, et sait rectifier le tir. Les autres porte-parole la complètent.

J’apporte de mon côté la sagesse due… aux cheveux  blancs ! J’agis peut-être comme un régulateur, notamment des tensions,  inévitables quand il faut rassembler tant de monde. Je dois simplement  témoigner que je n’aurais jamais cru participer à un tel mouvement, qui  sort de mon cadre habituel de travail et d’engagement, en me faisant  découvrir d’extraordinaires générosités. Il faut voir sur le terrain  tant d’associations œuvrer dans une pareille unité sous une même  bannière.

Sur le positionnement de fond de la manifestation la  présence d’un char gay ou l’évocation d’une « homo-éducation » ne  brouillent-ils pas le message ?

Tout est parti d’une phrase dans  le style de Frigide, mais il ne s’est jamais agi de singer la Gay  pride. Soyons clairs, nous en avons parlé ensemble : il n’y aura pas de  char gay, pas plus que de chars « hétéro », car nous sommes au-delà de  ce genre d’étiquette. En revanche, le témoignage des personnalités  homosexuelles qui sont à nos côtés comme Xavier Bongibault, de Plus gay  sans mariage, ou Philippe Ariño, auteur de L’Homosexualité en vérité – Briser le tabou,  doit être entendu par le plus grand nombre. Ces amis nous aident à  ouvrir notre cœur à la réalité de ce qu’ils vivent. Ils sont le plus à  même de montrer que c’est le projet gouvernemental qui est  « homophobe », dans le sens qu’il laisse croire que les personnes  homosexuelles devraient cautionner l’effacement de la parité homme femme  dans le mariage et dans la filiation. Quant au mot « homo-éducation »  prononcé par Frigide Barjot dans une émission de radio, il a été mal  compris : il ne s’agit pas de promouvoir l’homosexualité à l’école ou  l’homoparentalité bien sûr, mais juste de souligner que, la notion  d’« homofiliation » étant un mensonge, ce qui existe, ce sont des  situations ou deux personnes de même sexe élèvent ensemble des enfants.  Même si le lobby LGBT amplifie à dessein cette réalité, nous ne pouvons  l’ignorer, pas plus que les problèmes que cela peut poser.

Quel est le seuil (numérique, psychologique, etc.) au-delà duquel le  gouvernement sera obligé d’entendre les revendications du collectif ?

Nous  sommes pour le moment traités de haut, tant au niveau gouvernemental  qu’au niveau du parlement. Les promoteurs de ce projet ne plient pas. Ça  ne m’impressionne pas trop : en politique, on laisse toujours croire  que les décisions prises sont inéluctables. Vous connaissez la fable du  chêne et du roseau : notre mobilisation de masse doit aboutir à  déraciner un projet qu’ils veulent faire passer pour acquis. Vous avez  vu comme cela se lézarde déjà à gauche, autour de la procréation  artificielle voire de la gestation pour autrui… En période de crise,  l’exécutif peut-il se payer le luxe de gaspiller son temps à affronter  un très grand mouvement dont il n’a pas encore mesuré l’ampleur ? Notre  motivation désintéressée au service du bien commun l’a surpris, elle  peut le désarçonner.

Au-delà du 13 janvier, quels seront les fruits d’une telle mobilisation ?

Le  13 janvier 2013 est pour nous une première manifestation nationale, et  nous continuerons d’occuper le terrain – et la rue – dans les semaines  qui suivront. Vous avez vu que ce projet de loi divise profondément les  Français, alors qu’ils ne sont que très peu nombreux (7 %) à le  considérer comme prioritaire (1). L’immense majorité des Français reste  attachée au repère de la filiation père-mère-enfant. En ce sens, la réussite du  13 janvier, c’est le début d’un grand mouvement. Il y aura un avant et  un après. Et cette date facile à retenir est un rendez-vous avec  l’histoire.

Samuel Pruvot et Aymeric Pourbaix

(1) Sondage Ifop pour La Manif pour tous réalisé du 11 au 13 décembre 2012

MERCI POUR CETTE TRES BONNE INTERVIEW REALISEE PAR NOS AMIS DE FAMILLE CHRETIENNE.
CETTE INTERVIEW LEVE DE NOMBREUX POINTS LITIGIEUX COMME CELUI DE LA « GAY-PRIDE ».
PAR CONTRE, IL EST DOMMAGE QUE VOUS NE PARLIEZ PAS DE CIVITAS ;-(
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